Évaluation nationale des données des études de suivi des effets sur l'environnement des fabriques de pâtes et papiers : résultats des cylces 1 à 3
- Info-publication
- Remerciements
- Résumé analytique
- 1.0 Sommaire executif
- 2.0 Introduction
- 3.0 Aperçu des études réalisées pendant le cycle 3
- 4.0 Méthodes générales - Préparation et analyse des données
- 4.1 Méthodes générales - Procédure utilisée pour la détermination des tendances nationales des réponses
- 5.0 Études des populations de poissons
- 5.1 Traitement des données et méthodologie
- 5.2 Résumé des tailles d’effet
- 5.3 Profils de réponse et méta-analyses
- 6.0 Ressources halieutiques et potentiel d’utilisation des poissons
- 7.0 Études sur les communautés d’invertébrés benthiques
- 7.1 Traitement des données et méthodologie
- 7.2 Résumé des tailles d’effet
- 7.3 Profils de réponse et méta-analyses
- 8.0 Essais de toxicité sublétale - Introduction
- 8.1 Essais de toxicité sublétale - Mesure des variations de qualité des effluents d’un cycle à l’autre
- 8.2 Essais de toxicité sublétale - Résumé et considérations pour l’avenir
- 9.0 Résumé et conclusions
- Glossaire
- Acronymes / abréviations
- Bibliographie
1.0 Sommaire executif
Le Règlement modifiant le règlement sur les effluents des fabriques de pâtes et papiers, adopté en vertu de la Loi sur les pêches, exige des usines canadiennes de pâtes et papiers qu’elles réalisent des études de suivi des effets sur l’environnement (ESEE) afin d’évaluer les effets potentiels de leurs effluents. Ces études se composent d’habitude de la totalité ou d’une partie des éléments suivants : une étude sur le terrain des populations de poissons visant à déterminer en quoi elles sont affectées, une étude des communautés d’invertébrés benthiques visant à évaluer les effets sur l’habitat des poissons, et des études visant à évaluer les effets sur le potentiel d’utilisation des ressources halieutiques, dont une sur les concentrations de dioxines et de furannes dans les tissus des poissons et une autre sur l’altération de la chair des poissons. De plus, la qualité des effluents est évaluée à l’aide d’essais de toxicité sublétale.
Le programme d’ESEE se divise en « cycles », et chaque usine réalise une ESEE à tous les trois ou six ans. Le présent rapport a pour but de présenter et de discuter les résultats de l’évaluation nationale des données des ESEE recueillies dans les milieux récepteurs des usines canadiennes de pâtes et papiers pendant le cycle 3, c’est-à-dire entre le 1er avril 2000 et le 1er avril 2004. Ces données sont aussi comparées à celles des cycles précédents.
Afin d’évaluer les effets généraux des effluents d’usines de pâtes et papiers sur le biote aquatique, nous avons fait appel à deux méthodes quantitatives complémentaires : 1) la compilation des comparaisons effectuées à chaque usine et 2) des méta-analyses destinées à mettre en lumière les tendances nationales des effets. Les réponses observées chez les poissons et les invertébrés benthiques exposés aux effluents pendant le cycle 3 sont, pour la plupart, assez semblables à celles observées au cycle 2.
La réponse nationale moyenne des poissons pendant les cycles 2 et 3 est indicative d’un enrichissement en éléments nutritifs doublé d’une perturbation métabolique. Si on les compare aux poissons des zones de référence correspondantes, les poissons des zones exposées montrent des signes très clairs d’une augmentation de la disponibilité de nourriture ou d’un accroissement de l’absorption des aliments (poissons plus gras, croissance plus rapide, foie plus gros) ainsi que d’une perturbation de l’allocation des ressources à la reproduction (gonades plus petites). De plus, au niveau du pays, la diminution de la taille des gonades n’a pour ainsi dire pas changé pendant deux cycles de collecte de données. Il est possible que cette perturbation métabolique soit influencée par une dérégulation endocrinienne causant la production d’une quantité insuffisante d’hormones stéroïdes sexuelles. Parmi les autres réponses observées chez les poissons, on retrouve l’enrichissement en éléments nutritifs sans perturbation métabolique, la carence en nutriments et la toxicité chimique. On a pu confirmer l’altération de la chair pour une usine, et les dioxines et les furannes dans la chair des poissons dépassaient les normes pour trois usines.
La réponse nationale moyenne des communautés d’invertébrés benthiques pendant les cycles 2 et 3 indique une eutrophisation plus ou moins prononcée selon le type d’habitat. Plus spécifiquement, les communautés d’invertébrés benthiques exposées aux effluents des usines de pâte sont d’habitude plus abondantes et montrent une richesse taxonomique croissante, décroissante ou stable selon le niveau d’eutrophisation. On a pu observer d’autres types de réponses, comme celles attribuables à la toxicité ou l’étouffement.
Les données sur la toxicité sublétale indiquent une nette amélioration de la qualité des effluents entre les cycles 1 et 2, suivie, dans la plupart des cas, d’une stabilisation de la qualité des effluents au cycle 3. On doit toutefois noter que la méthode de déclaration de la toxicité sublétale et le choix des essais ne permettent pas de tenir compte de tous les aspects de la qualité des effluents (certains essais indiquent une faible sensibilité à l’exposition aux effluents). Plus spécifiquement, les essais ne mesurent pas, pour l’instant, les effets d’enrichissement en éléments nutritifs des effluents, qui est le type d’effet le plus couramment observé dans les études sur le terrain des poissons et des invertébrés benthiques. Il serait toutefois possible de modifier les essais pour qu’ils donnent des informations sur les effets de l’enrichissement en éléments nutritifs. On notera également que les essais de toxicité sublétale les plus sensibles sont ceux qui fournissent une mesure terminale de la reproduction (à l’exception des essais sur les poissons), ce qui est compatible avec les diminutions de la taille des gonades observées lors des études sur le terrain.
Si on constate, au niveau du pays, une stabilité des réponses des poissons et des invertébrés benthiques mesurées lors des études sur le terrain effectuées aux cycles 2 et 3, on constate également certaines variations hypothétiques des tendances. Les données du cycle 3 indiquent une diminution générale de l’augmentation de la taille observée au cycle 2. Les données sur les invertébrés benthiques indiquent une diminution possible des effets de toxicité et/ou d’étouffement dans les habitats marins et une eutrophisation plus prononcée dans les habitats sédimentaires en eau douce. Pour l’instant, les causes de ces variations hypothétiques restent inconnues et elles pourraient être reliées à d’autres facteurs, comme la variabilité temporelle naturelle du milieu récepteur ou des changements de méthodologie d’un cycle à l’autre. Les résultats des cycles 4 et suivants, ainsi que des études plus spécifiques à certaines usines, permettront de répondre à ces questions.
Comme tous les effets statistiquement significatifs ne sont pas nécessairement importants, Environnement Canada a établi des seuils critiques de l’effet (SCE) pour les mesures terminales effectuées sur les poissons et les invertébrés benthiques. On utilise ces SCE afin d’identifier les différences qui pourraient être importantes et pour lesquelles on a besoin de plus d’informations (p. ex. sur l’ampleur et la portée des effets) pour mieux comprendre leur importance écologique. L’utilisation de ces SCE et des mesures d’amplitude et de signification statistique des effets mesurés aux cycles 2 et 3 a permis d’identifier des groupes d’usines qui pourront réduire leurs efforts de contrôle ou qui devront effectuer des contrôles plus serrés. On fera des évaluations plus fines au niveau régional, mais nos estimations initiales sont qu’au cycle 4, environ 20 % des usines surveillées n’auront à effectuer que des essais de toxicité sublétale alors qu’environ 20 % des usines devront déterminer l’ampleur et la portée des effets ou, dans certains cas, enquêter sur les causes de ces derniers.
Avant le programme d’ESEE, nous ne disposions pas d’une vue d’ensemble, à l’échelle du Canada (ou d’un territoire de taille comparable), des effets sur le biote aquatique des effluents des usines de pâtes et papiers. La riche base de données générée par le programme d’ESEE et par les analyses subséquentes nous a permis d’obtenir une image statistiquement robuste des effets de ces effluents sur les eaux réceptrices du pays.
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